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Quantité vs Qualité, un faux débat

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Dans la longue liste de débats éternels que se disputent les rôlistes par écrit, on peut placer celui sur le nombre de lignes en très bonne position. Il surgit à toutes les occasions possibles, souvent de concert avec l’épineuse question de l’orthographe.

Pour faire simple, la question qu’il soulève est la suivante : la qualité d’un RP textuel repose-t-elle sur la quantité de mots produite ? Si j’en crois les débats que j’ai pu lire sur forums, sur Tumblr ou sur Facebook, la réponse admise par tous est généralement “non, mais…”. Et puisque j’aime pinailler, parlons donc de ce “mais” !

Des objectifs de jeu qui diffèrent

Historiquement, nous pouvons considérer que les joueurs de RPG textuels sont issus de deux grands courants de jeu différents, chacun ayant bien sûr ses sous-divisions, mais ne nous attardons pas sur des détails.

Dice Tower - Flickr

Dice Tower – Flickr

D’une part, nous avons les joueurs rôlistes, pratiquants du jeu de rôle sur table, du jeu de rôle grandeur nature, de jeux vidéo ou autres médias, qui s’intéressent davantage à la question de “jouer” qu’à celle de la qualité d’écriture. Certains parmi eux sont bien sûr attachés à la qualité de leur prose, mais ce qui l’emporte chez eux est souvent le plaisir du jeu à plusieurs, du défi et de la surprise.

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D’autre part nous avons les joueurs écrivains, ceux qui viennent du monde des fan-fictions ou fictions tout court, qui sont là en premier lieu car ils aiment écrire, et qui d’ailleurs pour beaucoup rêvent d’écrire voire publier leur propre roman. Si le jeu les attire, l’écriture est surtout leur domaine d’expression et ils ne s’intéressent pas nécessairement au monde du jeu de rôle dans toute sa variété.

Tous se sont réunis autour d’une passion commune, celle de jouer, et d’écrire, l’aventure des personnages qu’ils ont créés ou choisis. Cependant, pour pouvoir s’amuser, leurs besoins diffèrent. Et c’est là que les choses se compliquent.

Une question de style… ou pas.

line-tony-unruhNous parlons ici de jeu de rôle textuel, ce qui implique que tout, de la création d’un personnage à ses aventures dans le monde virtuel choisi par son joueur, se déroule par écrit. C’est la façon de l’écrire qui a tendance à être très différente d’un joueur à l’autre.

Le joueur à tendance littéraire aime à détailler le moindre aspect de son personnage, mais également la moindre de ses actions. Il aime s’étendre sur les motifs de ses actions, lui construire une existence riche, un passé fourmillant de détails, une psychologie poussée au delà des simples apparences. Il aime également contrôler un minimum ce qui l’entoure. Parfois, pour ne pas dire souvent, ce processus implique effectivement de s’étendre longuement tant dans une fiche que dans les messages de jeu.

Le joueur à tendance rôliste s’intéresse plutôt à ce qui arrive autour de son personnage, et à l’évolution de l’histoire dans laquelle il se retrouve impliqué. Souvent, l’impact des évènements extérieurs se résume à l’application de données chiffrées (points de dégât, points d’expérience…) plutôt qu’à des considérations psychologiques, que le joueur n’éprouve pas nécessairement le besoin de le détailler ouvertement. Il préfère aller droit au but, sans s’embarrasser de fioritures, et faire avancer le récit. Ou comme dirait un certain Jérémy Malaussène – paie tes références épiques – “La suite, bordel !”.

Entre les deux, il y a des tas de préférences individuelles, et également de circonstances, qui font pencher le joueur vers l’un ou l’autre. On ne joue pas de la même façon une situation de combat et une situation de romance, par exemple. Et il est clair que les évènements dans une école de sorcellerie sont loin d’être similaires à ceux se déroulant dans une station spatiale partie explorer les confins de l’univers.

Une réponse qui dépend de vous

Je suis une grande joueuse de jeux vidéo dits “de rôle”, qu’ils soient occidentaux (Mass Effect, Dragon Age…) ou orientaux (Final Fantasy, Star Ocean…). Mais pour moi, des détails comme le nombre de points de vie d’un personnage ou ses statistiques de combat me semblent inadaptés au jeu par écrit. Ou plus exactement, non seulement je n’ai pas l’intention de laisser un tiers décider pour moi des compétences de mon personnage, mais en plus je n’ai pas le courage de les calculer par moi même. Je veux être libre de contrôler mon personnage comme je le veux, dans les limites imposées par le contexte du jeu.

En revanche, je n’aime pas davantage me retrouver contrainte à rédiger pour 1000 mots de réponse à un RP quand finalement tout ce que mon personnage a à faire est de répondre à une question et ouvrir une porte, ce que je peux résumer clairement et simplement en 200 mots. Le remplissage est pour moi quelque chose d’artificiel qui gâche mon plaisir de joueuse.

Est ce que pour moi le nombre de mots d’une réponse RP est gage de sa qualité ? Si je restais objective, la réponse serait bien évidemment non.

Mais, et c’est là que réside le fameux “mais”, la qualité d’un RP est majoritairement une donnée subjective, qui dépend de nos préférences. La longueur d’un message de roleplay est également une question de préférence. Alors la réponse à la question posée, subjectivement parlant, sera toujours “non, mais”. Quant à la subtile nuance entre “parler de ses préférences” et “rabaisser les préférences des autres”, je vous laisse trouver la réponse tous seuls.

Comme toujours, merci de m’avoir lue, et n’hésitez pas à me faire part de votre sentiment sur le débat quantité et qualité dans les commentaires de cet article !

 
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Sarcastic Roleplay Lady (7 articles)

Joueuse et surtout administratrice sur forums RPG depuis 2003, SRL a décidé un jour d'adopter un point de vue ouvertement sarcastique pour parler de son passe temps favori, d'où son pseudonyme saugrenu (avec une belle faute d'anglais au milieu). Heureusement, malgré cette prétention de vieille aigrie du RP, Sarcastic Roleplay(ing) Lady est également une demoiselle qui aime rendre service tout en n'ayant pas deux sous de diplomatie. Site web : http://roleplay-and-sarcasm.tumblr.com

 
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24 réponses à “Quantité vs Qualité, un faux débat”

  1. J’adore ! Bien rédigé et surtout clair et juste. Pas de parti pris même en énonçant une préférence.

  2. Avatar Darkjeely dit :

    Très bon article ! J’espère que cela apaisera quelque peu les tensions entre les « joueurs rôlistes » et les « joueurs écrivains » comme tu les nommes si bien (ah, ce débat…).

    Pour ma part, je crois que je suis située un peu entre les deux (je suis une personne compliquée, m’voyez ): ). Disons que j’aime écrire depuis toujours et il m’est arrivé, ces dernières années, de faire des pavés gigantesques histoire d’expliquer la philosophie de mes petits bébés. C’est alors que je me suis retrouvée à être bloquée à cause de ces messages où seule une ligne donne de la matière au partenaire (et c’est plutôt ballot, d’autant plus que ça ne donne pas envie de répondre).

    Car oui, aujourd’hui, je trouve que ce qui est important, autant que l’orthographe et le style, c’est la matière qu’on donne à son partenaire de RP pour qu’il puisse trouver la suite et que le jeu soit intéressant. A mon sens, c’est une question de respect tout comme l’une des bases du RP (c’est un jeu d’écriture, certes, mais à plusieurs tout de même). Aujourd’hui, je fais attention à mon style et à mes fautes de français (d’autant plus que la fac de lettres va sans doute me transformer en psychorigide de la langue de Molière), mais aussi à ce qui va faire avancer le RP pour qu’on puisse s’amuser tranquillement !

    En tout cas, merci pour cet article, c’était fort chouette à lire.
    Infiniment 🙂

  3. Avatar Florimon dit :

    Moi qui suit entre les deux, je trouve ton article très intéressant.
    Si je résume la fin de ton post, tu dis quand même que la réponse est forcément « Non », même si y’a un mais. Personne ne répondra jamais « Oui », car ça voudrait dire que soit son post est très grand, et forcément génial sinon il va s’en prendre plein la tronche, soit il fait de posts de longueur modeste, et du coup on lui dira de faire plus long pour faire mieux.

    En gros, dire que la longueur est gage de qualité c’est oublier ces milliers de nouvelles qui sont géniales, c’est oublier que beaucoup de très bons romans faisaient moins de 300 pages, c’est oublier que Rôle Play c’est jouer un personnage et non faire une dissertation pour raconter la psyché d’une personne qui doit ouvrir une porte.

    Merci SRL !

  4. Avatar Diony dit :

    Hello,
    Question que j’ai effectivement vu et revu sur pas mal de forums d’admin et qui m’a énormément posée problème. Il y a 5-6 ans, tous les forums rpg (enfin, bcp) se sont mis à rajouter les limites de ligne dans leurs règlements. Quelle plaie pour trouver sa place dans les annuaires quand tout ce qu’on veut c’est jouer! 50 lignes minimum pour certain. Ces gens sont malaaades!
    Hm, bref. Maintenant que j’ai fait ma victime… Je peux passer aux choses sérieuses 😉
    Je fais partie de ceux qui aiment écrire et qui rêvent d’être publiés un jour. A ce titre, je trouve encore plus insupportable ces histoires de quantité et de qualité dans ce qui est avant tout un loisir/une passion. Quand j’écris un poste RP je ne suis sûrement pas entrain de me demander à combien de mots j’en suis (sauf pour le Nanowrimo) ni si mon style est digne de Proust (sauf quand j’ai prévu d’être éditée).
    Les véritables questions sont: qu’est-ce que je veux dire? Ai-je réussi à me faire comprendre? Est-ce que je me suis amusé? Est-ce que mon partenaire de jeu peut en dire autant?
    Tout le reste n’est, à mon sens, que prise de tête inutile et communautarisme de base. Dommage pour du jeu 🙂

    Plus que d’accord avec la notion de respect évoquée par Darkjeely et pour l’hommage aux nouvelles de Florimon!

    Merci pour cet article.

  5. @Tout le monde : Merci pour vos commentaires ! 🙂

    @Darkjeely : La question de la « matière » est à mon avis aussi difficile à évaluer que celle de la « qualité ».

    Parmi les arguments que j’ai pu lire sur la question de faire XX lignes pour qu’un post soit « acceptable », j’ai pu lire l’argument du « si je me suis décarcassé(e) à écrire 60 lignes de RP, mon partenaire doit m’en écrire autant, c’est une question de respect ». Sauf que voilà, certains joueurs (dont je ne fais malheureusement pas partie) sont capables de s’étendre très longuement sur les détails architecturaux d’une porte pendant que moi je vois… ben… une porte. Qu’on devrait penser à ouvrir au lieu de tergiverser pendant trois plombes sur la qualité de l’artisanat. Un des concernés, à me lire, m’expliquera peut être en long, en large et en travers pourquoi lui préfère écrire comme ça (et me fera remarquer que j’exagère, ce que je confirmerai :p ).

    Je suis certaine que, dans la plupart des cas, les joueurs estiment avoir fourni matière à répondre et sont surpris qu’on leur dise que non, en fait, y’en a pas assez. De mon côté, je suis surprise que certains soient capables d’enjoliver trois lignes d’action réelle de trente lignes de tergiversations plus ou moins pertinente (et, pour certains, de tergiversations sur les tergiversations de l’autre personnage, même quand aucune télépathie n’entre en jeu), mais je pense que ceux ci sont surpris de constater que je n’ai rien à leur répondre à part « Ah oui, c’est beau ces p’tits frisotis dans le bois. Bon, on l’ouvre cette porte ? ». Façon plouc de la campagne.

    (Oui, je l’aime mon exemple de la porte. Vivent les portes. Louez la sainte porte.)

    Du coup, je rebondis sur ta question de « respect ». Je pense qu’au vu de la subjectivité qui entre en jeu, on ne peut pas dire que le respect consiste à donner de la matière, parce que ce qui est suffisant pour l’un ne le sera pas forcément pour l’autre. Je pense que le respect, c’est d’être capable de reconnaitre qu’on n’a pas les mêmes gouts ni les mêmes attentes, et de finir un RP gracieusement sans s’en prendre à son partenaire de RP derrière.

    Je veux dire, moi j’adore lire, mais je déteste la poésie, ou les romans policiers et à l’eau de rose. Est-ce que ça veut dire que j’irai dire aux auteurs de se pencher sur de « vrais » styles littéraires ? Non. Je m’abstiens simplement de les lire. Le problème en RP, c’est surtout que, parfois, on ne choisit pas le bon partenaire de jeu et que l’amateur de littérature SF se retrouvera peut être un beau jour à jouer avec l’amateur de poésie sentimentale. Et il est possible que ça ne marche pas du tout. Ce qui n’est la faute de personne, et certainement pas une histoire de respect ou de matière à fournir :/

    (Par contre, je penserai toujours qu’une orthographe et grammaire décente est le B.A.BA du rôliste par écrit, qu’importent les justifications qu’on me donnera. J’ai peut-être tort, mais on ne se refait pas XD. Que ceux qui écrivent « RPgiste » s’alignent contre le mur, j’ai des coups de fouet à donner.)

    @Florimon : Si tu trouves quelqu’un capable de dire avec aplomb que « la quantité fait la qualité », dis le moi. Je pense que certains le pensent, et écrivent des romans, mais la plupart du temps il y a également la politesse/la délicatesse qui veulent qu’on prétende le contraire de ce qu’on pense. Un peu comme le classique « je ne suis pas [mot en -iste/-phobe] mais… ». Et comme tu l’as très bien fait remarquer, cela voudrait juste dire qu’on se tire dans le pied XD

    @Diony : EXACTEMENT ! J’approuve le « Est-ce que je me suis amusé(e), est-ce que mon partenaire peut en dire autant ? ». Je pense que c’est l’attitude à avoir quand on joue !

  6. Avatar Chupa Chups dit :

    Très bon article ! ^^
    Alors, personnellement j’aime écrire beaucoup même si je suis tout à fait capable d’écrire peu. La qualité ne va pas forcément de mise avec la longueur. Je fais actuellement un rp avec quelqu’un qui rp bien moins que moi et cela ne me dérange pas le moins du monde, surtout qu’à mes yeux, il rp très bien. Sérieux, j’adore le lire ! C’est vrai que j’apprécie plus de rp avec des personnes qui écrivent plus ou moins autant que moi car j’aime lire de longs rps. Mais cela ne me gêne pas d’écrire avec des personnes qui écrivent genre 500 mots (plus ou moins …) car je suis tout à fait capable de m’adapter dans ma longueur. En même temps, parfois tellement la personne donne peu d’éléments sur lesquels rebondir que je ne peux pas faire plus qu’elle … bref ! Pour moi, écrire beaucoup ne veut pas dire qu’on écrit forcément bien, bien sûr, chacun son opinion sur l’écriture de l’autre (et j’ai moi-même tendance à trouver que j’écris mal et que mes réponses sont nulles xD) on peut tout aussi bien écrire peu et très bien qu’écrire beaucoup et écrire mal. (Je ne parle pas là, de l’orthographe ! C’est que quelque chose que je trouve tout à fait ahurissant que la personne ne cherche pas à faire en sorte que ça ne soit pas le parcours du combattant pour la lire. Il y a tout d’abord Word qui aide à supprimer des fautes et d’autres logiciels sur internet qui aide à virer d’autres fautes. Je ne sais pas pour vous, mais pour moi lire un rp bourré de fautes d’orthographes, ça me fait mal aux yeux ! Après, je connais les problèmes que l’ont peut avoir avec l’orthographe, j’ai moi-même eu pendant longtemps de gros soucis avec elle et il m’arrive encore aujourd’hui de faire des fautes. Mais l’erreur est humaine n’est-ce pas ?) Donc pour moi, on peut écrire beaucoup et écrire merveilleusement bien comme on peut écrire long et que la lecture ne soit pas appréciable et réciproquement pour des petits textes. Cela va du goût de chacun et je dirais que si on s’est plu à écrire le rp que l’on a écrit, c’est déjà un bon point et on sera que si au final, on a pas aimé rp avec la personne on ne refera pas souvent des rps avec elle. (Parce que oui, parfois, nous sommes obligés de rp avec des personnes que l’on aime pas. C’est la vie !) Mais le plus important à mes yeux, c’est que la ou les personnes avec qui ont a rp ait aimé aussi le rp que l’on a écrit. Que les deux protagonistes aiment le rp qui a été fait, c’est l’essentiel !

  7. Avatar Mikomi dit :

    Pour ma part je suis à la fois une rôliste et écrivain. J’adore écrire donc je prends plaisir à m’étaler sur les considérations de mon personnage. Toutefois, je trouve que l’action est toute aussi importante sinon plus que la psychologie, et je déteste quand le joueur avec lequel j’échange m’écrit un pavé pour ne réserver que quelques mots à mon personnage. Ce dernier se moque de savoir (et encore plus de ne pas savoir) ce que l’autre a mangé à midi et si c’était bon. Ce qu’il veut, et ce que je veux donc, c’est échanger avec l’autre. J’ajoute que plus c’est long, plus le RP traîne et plus il a le chance d’être abandonné et de finir aux oubliettes. Je préfère donc les actions qui s’enchaînent afin de réellement faire évoluer les personnages. Ce qui ne m’empêche pas de faire des RP assez longs pour le plaisir de l’écriture, mais j’essaie au mieux d’interagir avec l’autre dans mes écrits. Accessoirement, mon côté rôliste sur table ne peut s’empêcher de faire des statistiques sur mon perso, de le définir précisément, mais mon côté écrivain le fait nécessairement évoluer au fil des RP sans préméditation. C’est là toute la magie du RPG.

  8. Avatar Luna dit :

    « Le remplissage est pour moi quelque chose d’artificiel qui gâche mon plaisir de joueuse. »

    Ca résume parfaitement ce que je pense aujourd’hui ! Personnellement je suis passer par différente phase du rp textuel. Je suis une rôliste de base et quand j’ai entamé le jeu de rôle sur forum, à l’époque je me souviens que mes postes faisaient pas plus de 10 lignes certains en faisait max 3, en gros ça se résumait à: Action – Réaction ( avec parfois quelque fioriture ). Les topics s’enchainaient à une vitesse !

    Petit à petit je me suis retrouvé sur des forums qui en demandait plus, j’ai commencé à faire plus, et plus…et plus…Je suis passer à l’autre extrême ( j’ai le souvenir d’avoir fait un jour un post rp de plus de 15 pages word ), je me suis ensuite plus ou moins radoucit mais je faisais quand même dans le super long. Jusqu’à ce que je me rende compte qu’au final, c’était quasiment devenue une obsession cette longueur. Si beaucoup on tendance à dire « la quantité ne fait pas la qualité » ça reste malgré tout un complexe qui est bien encré dans la conscience collective du rpg textuel.

    Pour finir, j’avais tendance à regarder la quantité que mon partenaire de jeu faisait et il me fallait absolument faire autant ( voir plus ). Ce qui a simplement fini par me « dégoutter », l’écriture devenait une corvée avec certains joueurs qui écrivaient énormément et mon obsession de vouloir être à la hauteur que j’ai simplement fait une pause.

    Aujourd’hui, j’écris en fonction de ce que j’ai à dire et à faire, je ne m’étale pas sur 50 lignes d’état d’âme ce que j’avais la fâcheuse tendance à faire et j’ai retrouvé le plaisir de jouer tout simplement sans compter que je me suis rendu compte que le remplissage n’aidait en rien mon partenaire de jeu et que la meilleure chose à faire c’était de toujours donner de quoi réagir, de quoi rebondir.

  9. Tout d’abord, Bonjour.

    Ton article est intéressant (comme d’habitude) et bien écrit.
    J’aurais juste une chose à ajouter. Il manque la troisième « faction ». Ceux qui sont autant écrivains que joueurs. J’ai pu remarque qu’il y en avait quand même un certain nombre parmi ceux qui ont répondu en commentaire. Moi-même suis de ceux-là. J’ai débuté le jeu de rôle papier en même temps que l’écriture. J’ai évolué dans ces deux mondes en parallèle un peu avant de découvrir le RPG-textuel via un forum (sur lequel je suis toujours), bref la troisième faction est toujours l’éternelle oubliée. Il y a toujours un positif, un négatif et un neutre, tout comme l’ADN (j’offre un cookie à qui comprend la référence).

    Mais sinon ton article est génial ^^

    Après, historiquement, je pense que la limite du nombre de ligne s’est retrouvée imposée pour éviter que le personnage d’un joueur, par exemple, pose une question, et qu’un autre joueur réponde un « oui » dans un seul post. C’est un peu extrême comme exemple, mais je ai déjà rencontré cette situation. Du coup, tu ne sais plus trop sur quel pied danser avec ce joueur, et tu demandes de développer.

    Pour ma part, je pense que la qualité n’est pas synonyme de quantité, sinon les discours de nos femmes et hommes politiques seraient parfaits. Cependant, un minimum d’écriture peut être requis. Pour ma part, quand mes personnages ont à répondre à une question et ouvrir une porte, je développe un peu ce qui passe par la tête de mon personnage, ou la manière dont il ouvre la porte. Ce sont des fioritures, mais ça évite de faire un post d’une phrase.

    En général, je fais un minimum de trois phrases, sauf cas exceptionnels où là je n’ai vraiment pas le choix, ça peut arriver.

    Donc, « non, mais… »

    Comme l’a dit ma voisine du dessus, quand l’écriture devient une corvée, on en est dégoutté. L’écriture est un loisir ou une passion, il faut donc la pratiquer comme on en a envie et non comme un travail contraignant.

    • @Gwénaël : A mon sens, c’est pousser un peu loin le vice que de vouloir à tout prix qu’il existe une troisième faction. D’ailleurs, mon objectif n’était pas de placer les gens dans des cases, mais souligner le fait qu’il y avait deux « sources » distinctes qui se rejoignaient. Rien n’empêche qui que ce soit de faire partie des deux en même temps ! Pour prendre un point de vue mathématique, entre zéro et un, il y a une infinité de valeurs ! Si troisième faction il y avait, il faudrait qu’elle n’intègre aucune des deux autres, ou alors on est parti pour créer autant de catégories qu’il y a de joueurs différents, à peu de choses près. Bref, restons simples XD

      Le fond de mon article n’était vraiment pas de catégoriser les joueurs, mais simplement de démontrer qu’en partant de deux extrêmes (le 0 et le 1, vive la logique binaire) au final il y a tellement de besoins et d’objectifs différents que le concept même de quantifier une qualité n’a aucun sens.

      Edit : Et j’en oublie les bonnes manières : Merci pour ton commentaire ! 🙂

  10. Arf… En fait c’était juste une petite boutade (un peu longue, mais petite ^^’), Il est vrai que sinon, il faudrait créer une catégorie par joueur…

    Et pour les bonnes manières, le fait que tu répondes fait voir que tu montres de l’intérêt pour mon commentaire, c’est une forme de remerciement :-p

    Mais sinon de rien.

  11. Avatar Grisouille dit :

    Coucou,
    Je voudrais juste souligner ce que tu dis Luna : « Si beaucoup on tendance à dire « la quantité ne fait pas la qualité » ça reste malgré tout un complexe qui est bien encré dans la conscience collective du rpg textuel.  »

    C’est tristement vrai et j’en fais encore l’expérience sur mon forum. Il a plus de trois ans maintenant et depuis l’ouverture on demande aux membres de passer outre cette notion de comptage de lignes mais la plupart ont encore beaucoup de complexes à ce sujet, souvent nés de mauvaises expériences passées. Moi même, je dois reconnaitre que parfois, je me sens un peu mal de poster une réponse brève, alors je relis le RP précédent et j’enchaine avec le mien, et je suis contente de la dynamique qu’apporte mon RP aussi court soit-il. Du moment que je sais qu’il suffit à mon partenaire pour sa réponse ^^

    Bref, je voulais juste revenir sur ce que tu disais là, car si on en parle peu, c’est bien présent et c’est probablement une des raisons qui fait que ce débat existe.

  12. darkbaron darkbaron dit :

    Je suis plus joueur qu’écrivain, mais je ne suis pas opposé à un nombre de lignes tant qu’il est raisonnable. Si on me dit « faire six ou dix lignes », ça me va. Je sais qu’il y en aura toujours qui en feront plus de trente, ça me fera complexer, je passerai pour le gars qui ne fait pas d’efforts, mais je suis en règle.

    En fait, je pense que la majorité des joueurs de type « rôliste » sont un peu écrivains parce qu’ils font quand même un effort d’écriture, à défaut de pondre des pavés. Ils soignent généralement l’orthographe, etc. Tous ne le font pas, mais dans l’ensemble, ceux qui se sentent « rôlistes » font quand même un peu attention et certains sont tout à fait capables de pondre des pavés bien écrits qui sont très plaisants à lire.

    En revanche, les « écrivains » ne sont pas tous « rôlistes ». Enfin, pas dans le sens « le jeu à plusieurs est notre priorité ». Je suis tombé sur des cas assez extrêmes qui poussaient très loin l’élitisme et correspondaient à certains stéréotypes cités dans un autre article, se montrant ultra-sélectifs sur le choix des partenaires car il faut quelqu’un « à la hauteur de leur talent et de leur art ».

    Ceux-là, j’ai un peu envie de dire que nous sommes là pour jouer, pas pour contempler leur talent et tomber béats d’admiration devant la grandeur de leur art ou rejoindre les cohortes de fans qui flatteront leur égo.

    Bien sûr, tous les joueurs à tendance littéraire ne sont pas comme ça, encore heureux, et certains parviennent à une synthèse parfaite des deux tendances. Pas moi, je le crains…

  13. Avatar Gwellaouen dit :

    C’est exactement ce qui m’est arrivé après mes débuts. Je voulais faire autant que mon partenaire et cela devenait une corvée.

    Aujourd’hui, je veux aller à l’action au plus vite parce que je me suis remise en question. C’est un jeu et non un travail. Je travaille assez avec mes études après tout.

    Je suis contente qu’une autre personne ici soit passé par cet enfer. Je ne suis plus seule. Je pensais être la seule au monde qui voulait faire plus, toujours plus pour plaire et à un moment: bon j’ai un problème.

    Contente que tout soit rentré dans l’ordre pour toi aussi.

  14. Avatar Remo dit :

    Pas vraiment d’accord. D’abord, rien que dans « roleplay » seul, il y a play. La notion de jeu est fondamentale dès le départ, bordel. Et en plus, tous les forums proposant de faire du « rp » se présentent comme forums RPG : role-playing game. Pas la peine de tourner autour du pot, on peut réfléchir la chose comme on veut, mais on s’inscrit bel et bien dans le jeu de rôle avant tout, oui par medium de l’écrit, mais bien du jeu de rôle.
    Et donc je juge le RP comme élément de ce jeu de rôle.

    Donc, paf, moi je le dis, les rôlistes ont raison, et les « écrivains » ont dévoyé le sens du RP, car ils se situent plus dans l’écriture que le RPG.

    Lorsque l’exigence de nombre de caractères devient telle qu’on se situe dans l' »écriture de roman à plusieurs mains » (enfin, plusieurs, faut le dire vite, car le délai avant de reprendre son tour devenant phénoménal, le nombre de participants prenant le risque de s’investir et ayant la patience d’attendre ‘nombre de joueursx4 jours’ -en moyenne- avant de reprendre leur tour diminue d’autant), ce n’est plus du rpg. C’est de l’écriture à plusieurs, je ne sais pas si ça a un nom en particulier, mais ce n’est plus du RPG.

    Donc moi, je tranche, et je dis que quand la quantité d’écrit se fait au détriment du jeu, de sa fluidité d’action, son dynamisme, de l’avancement de la ‘partie’ (façon de parler), de la collaborativité, et qu’elle ne contribue qu’à la qualité littéraire, c’est de la belle « écriture à plusieurs mains », mais du très mauvais RPG. Objectivement.
    Voilà.

    • Hello Remo, merci pour ton commentaire.

      Je me dois de te contredire sur l’idée du jeu, précisément. Tu l’as dit clairement, la notion de jeu est fondamentale. En quoi jouer un jeu d’une certaine façon est-il plus légitime qu’une autre ? Pour parler en termes de jeux vidéo, en quoi les RPG japonais seraient-ils meilleurs ou moins bons que des RPG occidentaux (et ne parlons pas des MMORPG) ? Quand bien même ils fonctionnent avec des mécanismes différents, leur côté ludique n’est pas forcément à nier. De même, un jeu de rôle grandeur nature a-t-il plus de légitimité qu’une bande de potes jouant à donjons et dragons autour d’une table ?

      Je n’ai jamais beaucoup aimé la tendance de certains joueurs à intellectualiser le terme de RPG au point de prétendre que leur vision du terme est la seule à être bonne et que les autres sont des ersatz de qualité inférieure (d’où, d’ailleurs, la rédaction de cet article). C’est un jeu, bon sang, pas une religion ! Le principe d’un jeu, c’est de s’amuser, et chacun a sa façon de s’amuser. Cela dit, ton commentaire a le grand intérêt de montrer qu’il n’y a pas que les « littéraires-moins-de-cinquantes-lignes-c’est-du-foutage-de-gueule » à se montrer réducteurs vis à vis d’une autre manière de jouer.

      Et puis pour la question du nombre de tours et du temps passé, le grand intérêt du jeu de rôle asynchrone est bien de pouvoir prendre en compte le temps libre disponible. Contrairement au jeu de rôle sur table ou pour chaque session d’une campagne tu es obligé d’attendre que tout le monde soit dispo au même moment pour les rassembler autour d’une table, sur un support informatique chacun joue à son rythme. Bon, faut apprendre à gérer son temps libre quand même, parce que certains exagèrent, mais ça reste bien pratique et ça peut être très dynamique si tout le monde est motivé.

  15. darkbaron darkbaron dit :

    Gwellaouen : Je pense qu’on est beaucoup à avoir complexé parce que l’on ne fait pas toujours 30 lignes, etc. Pour ceux notamment qui ont un trouble de l’attention et des difficultés de concentration (ce qui va de pair), comme moi, c’est presque une souffrance car on a cette image de « cancre » et on ne peut pas jouer autant qu’on le voudrait. Le loisir devient une « corvée », même si on y prend aussi du plaisir.

    Remo : Je ne serai pas aussi extrême que toi, mais je comprends ton point de vue. À mes yeux, il faut quand même un minimum de signes, mots ou lignes afin de fournir à nos partenaires de la matière pour leurs réponses, mais nous sommes d’accord que ça peut se faire en quelques lignes bien écrites et qu’il n’y a pas besoin de trente lignes par message quand on est dans un dialogue, par exemple.

    Néanmoins, je pense que les avocats de la tendance littéraire diraient qu’ils ne font qu’approfondir grandement leur personnage et donc… jouer leur rôle. C’est sans doute un point de vue qui se défend, bien que je ne pense pas que ce soit la meilleure façon de développer le caractère d’un personnage. On peut présenter une personnalité complexe autrement.

  16. darkbaron darkbaron dit :

    À noter que j’ai trouvé un article du même genre chez nos confrères anglophones : http://www.ongoingworlds.com/blog/2012/10/the-age-old-debate-quality-vs-quantity/

    Quand l’auteur parle de « quantité », il parle avant tout du nombre de messages, mais on pourrait dire qu’il y a un lien : quand les joueurs écrivent des textes plus longs, ils pondent aussi généralement moins de posts. Une longue réponse prend plus de temps à rédiger qu’un message plus court.

    Ensuite, à chacun de déterminer ce qu’il préfère : avoir le strict minimum de RP, mais consacrer à ces derniers des messages particulièrement développés ou multiplier les RP et les partenaires grâce à des messages moins consistants (mais suffisants) ?

    La question se pose particulièrement quand les règles concernant le nombre de comptes ou de RP par joueur sont assez laxistes. Quand on est limité à un ou deux comptes, avec quatre RP maximum, la question se pose beaucoup moins…

    Dans cet autre article, l’auteur aborde brièvement la question « quantité vs qualité » comme nous l’entendons ici : http://www.ongoingworlds.com/blog/2014/03/10-things-that-annoy-other-roleplayers/

  17. Avatar White dit :

    Uhuh, bon. Je suis de la famille « écrivains » et j’avoue que la première chose qui m’a attirée dans le monde des RPGs textuels, c’est de pouvoir (certes) jouer, mais surtout faire ça par l’écriture! Je suis quelqu’un avec assez peu de confiance en soi et j’évite les MMO et les JDR papier justement parce que si je me mets dans la psychologie « je joue avec des gens/en groupe », je vais paniquer et me foutre dans la tête que je dois jouer de manière particulière, selon des expectatives et que je vais évidemment me planter, faire les choses mal et qu’on va me pointer du doigt. Est-ce que je me fais des idées? Oui, sûrement, mais ma phobie sociale va jusque-là, je n’y peux pas grand chose. Du coup, ce que j’aime dans les forums RPG, c’est cette liberté d’écriture qui est offerte. Si je ne dis rien à mon partenaire lorsqu’il écrit plus court que moi (on fait 1500 mots par post ou on en fait pas, hein…) en revanche, je me sens brusquée lorsque, par exemple, on m’a une fois collé un AVERTISSEMENT parce que j’écrivais « trop » (mon style normal) alors qu’il n’y avait aucune limitation de lignes indiquée dans le règlement!
    Pour en revenir à mon partenaire… Même si je n’ai rien contre un style plus direct que le mien, j’ai été élevée avec la formule « minimum de 15 lignes pleines en narration exigé ». Et si je ne prononce pas concrètement « plus veut dire meilleur », je n’en pense pas moins. Je m’explique, j’ai débuté dans le RP à 13-14 ans (ce qui je crois, est une moyenne). Et oui, j’ai été un boulet, une Mary Sue même si j’avais le mérite de mettre sujet+verbe+complément et de ne pas faire trop de fautes d’orthographe. Oui le contenu à l’époque, surtout sur un vampire knight, n’était pas forcément mirobolant. MAIS. Je suis de ceux qui sont convaincus que c’est en s’acharnant qu’on s’enrichit et qu’on devient bon. On a pas tous eu une plume sensationnelle ou agréable dès le départ, parfois ça bloquait, d’autre fois on disait des trucs complètement annexe. Et bien qu’ayant une pensée arborescente, mes posts de l’époque ne sont pas de ceux que je me plairais à exhiber aujourd’hui. Mais l’écriture, c’est comme les maths ou n’importe quel sport; à force de pratiquer et d’observer ceux qui ont déjà la main, on finit par s’améliorer. Et avec le système des 15 lignes minimum (puis 25 puis l’idéal d’une page Word times 12 sans interlignes – oui j’ai été à l’école stricte ~), on a grâce à cette méthode la formation de joueurs qui fournissent quantité ET qualité. Pour avoir constaté cette formation (qui je dirais semble plus courante dans les forums à avatars illustrés) et ensuite été confrontée à l’autre, qui s’autorise à écrire « court » (disons 10 lignes environ dialogue non compris) (dans les réels que j’ai fréquenté… Ou en tout cas, écrire de manière ultra-directe), baaah… Je préfère que l’autre écrive un peu plus de matière quand même. Si j’ai juste des actions dans un post, je suis perdue: Comment mon personnage va interpréter les expressions faciales si aucune n’est décrite? Un état d’esprit influence aussi un langage corporel!… Si le post est trop rapide (donc ne fais pas le minimum de 15 ou 20 lignes sans dialogue), je reste sur ma faim et il est plus difficile pour moi de jouer, j’ai l’impression d’agiter une marionnette et de créer un enchaînement de choses factice.

    Enfin, je suis peut-être juste de l’équivalent des écoles privées catholiques dans le monde du RPG… Qualité plus que quantité? Par chez moi c’était plutôt la quantité pour forcer jusqu’à la qualité.

  18. Avatar Florimon dit :

    J’aimerais revenir sur un ou deux trucs.
    Les joueurs de forum RP sont tous des rôlistes, c’est le terme français pour dire « joueur de jeu de rôle. »
    D’autre part « écrivain » tendra à rendre encore un peu plus élitiste certains.
    Je préfère parler de joueurs préférant l’Action, et les autres la Description. (Pas la Narration, elle, elle est partout.)

    Ce qui est ultra paradoxal, autant dans ce que tu décris que dans les faits (car tu es effectivement dans le vrai), c’est que les joueurs de l’Action préfèrent entrer dans le vif du sujet, ne pas s’attarder sur les détails ou sur les pensées complexes de leur personnage, car généralement ils n’en ont pas fait des prêtres boudhistes qui réfléchissent 123 ans avant de dire un mot.
    Là où je veux en venir sur le mot « écrivain » et pour quoi je ne l’accepte pas, c’est parce qu’il sous entend que les joueurs de ce type aimeraient raconter une histoire comme dans un livre. Une histoire. Donc se concentrer sur l’avancée d’une narration jusqu’à un final dramatique. Or, il n’en est rien comme on le sait. Ces joueurs préfèrent décrire et expliquer, détailler et commenter. Ils sont ceux qui font le moins avancer l’histoire.

    En soi bien sur, comme vous l’avez tous dit, il n’y a pas de débat, ou alors il sera éternel.
    Les joueurs jouent selon leurs préférences, ils évoluent, murissent, changent de style, rechangent, etc.

    Il serait par contre très intéressant de parler des admins nazis qui justement obligent un certain style (nombre de lignes/pages minimum, type de narration), se privant d’excellents joueurs qui pourraient apporter multitudes de bonnes choses à leur forum et histoire.

    La bise

  19. Avatar Florimon dit :

    J’ai connu cette époque où l’obligeait à passer par une quantité disons le astronomique. A la base, ça part d’un bon sentiment « travaillez plus pour gagner plus »…
    Sauf qu’au final, j’ai lu des centaines de poste très très longs, censés être du coup très qualitatif avec le temps. Et bah mazette. Si tu aimes passer 25 minutes à lire de la description masturbatoire alors qu’un mec vient de te demander « ce que tu faisais ici »…

    Le souci, c’est que la qualité n’a jamais, jamais jamais, eu un lien avec la quantité. D’où le fait que les auteurs comme Stephen King conseillent d’être concis, de ne pas écrire du « faux », un truc rajouté pour faire des pages en plus. Quand dans la vie réelle on te pose une question, t’y réponds, tu pars pas sur un discours astrophysique sur la qualité du tissu des rideaux.

  20. Avatar Ashara Arryn dit :

    « @Diony : EXACTEMENT ! J’approuve le « Est-ce que je me suis amusé(e), est-ce que mon partenaire peut en dire autant ? ». Je pense que c’est l’attitude à avoir quand on joue ! »
    +1000
    Au final, je pense également que c’est ça qui doit primer et aussi que les MP peuvent servir à ajuster les petites différences de point de vue pour que le RP se déroule bien pour tout le monde (plutôt que de l’abandonner, ce qui, pour moi à toujours le gout de l’échec)

    Mais pour moi, ça passe par la fameuse matière (noire) à répondre, (que ne constitue clairement pas l’architecture d’une porte, pour moi, c’est du remplissage, mais passons). Cela dit, tu as raison sur la subjectivité du jugement individuel de cette matière, chacun son trip et qui suis-je pour juger ceux des autres, je dirais même que ça peut différer, en plus d’un joueur à l’autre, même d’un perso à l’autre (non non, je ne suis pas schizophrène). Cependant, il y a des limites, je suis plutôt prompte à m’épancher pour rien ou pas grand-chose (mais je crois néanmoins faire en sorte de relancer car même si je peux écrire de gros pavés, j’ai conscience que seuls quelques éléments seront exploitables, donc je met des éléments exploitables). Pourtant il m’est arrivé de me retrouver bloquée au bout de quelques échanges car, à force de développer des pensées que je ne pouvais pas exploiter sans faire avancer la situation (et pire sans exploiter les éléments que je lui donnais pour répondre), je n’avais plus rien à répondre. C’est une situation très énervante, et du coup, ce genre de RP ne me donne aucun plaisir.

    Comme toujours avec SRL, bon article, cela dit, je ne suis pas tout à fait d’accord (et pas du tout sur le fait que le RP n’est pas une religion, bien sûr que c’est une religion !!! :D). J’ai connu dans ma vie de rpgiste toute sorte de partenaires et pour le coup, je n’ai pas de préférence, 10 lignes peuvent me donner plus de matière qu’un pavé de 3000 mots (et je suis capable de produire les deux), j’ai donc constaté que non, la quantité ne fait pas la qualité. Pourtant, j’ai commencé à progresser en RP en faisant des tartines inutiles (comme White), probablement me fallait-il passer par là pour en arriver à la parole divine, écrire, mais pas au détriment du jeu. C’est assez rare que je ne trouve pas de quoi répondre dans un topic et quand c’est le cas, je me lâche sur les rebondissements, c’est un peu dommage d’en arriver là (je trouve, parce que la situation devient moins naturelle) mais bon, je n’abandonne pas mes RP en cours, c’est contre ma religion. Ésotérisme ésotérisme… La parole divine, c’est la relance, la matière justement, car le RP écrit, c’est un ECHANGE (non je ne crie pas j’explique), un loisir qui se joue à deux (ou bien plus ! plus on est de fous…). Si c’est pour lire des pavés d’introspection psychologique ou de descriptions, je lis un bouquin (Proust par exemple !). Je joue pour jouer AVEC des gens et faire évoluer mon perso, leur perso, la situation, le contexte AVEC mes partenaires, pas pour me dire « Hannnnnnnnn, trop beau, trop bien, trop intéressant, c’est super, bien écrit, poétique, je suis sous le charme, la groupie du rpgiste (pas taper, c’est pour la rime… O_O), mais p***** je réponds quoi là ?? ». Donc oui, c’est subjectif d’aimer les longs posts ou de préférer les courts, mais je pense néanmoins que certains devraient écrire des bouquins et pas des RP (ou les deux, mais sans confondre) et que certains rôlistes de table devraient tâcher de ne pas oublier qu’il s’agit de RP écrit et non sur table 😉 (Et au milieu coule une rivière)

    Donc oui, quantité ou qualité = faux débat, le vrai débat c’est de se poser la question de ce qui fait la qualité d’une réponse RP (LA RELANCE JE VOUS DIT * sort *). Et le pire c’est que cette question, il faut se la poser à chaque fois qu’on écrit une réponse !!! 😀

    Quant aux Admins nazis qui demandent un minimum de lignes Florimon, je vais tacher de ne pas le pendre pour moi, mais oui, quand on construit un forum, on met (souvent et en tout cas c’est mon cas) une limite inferieure qui certes peut en rebuter certains, mais dans le même temps va éviter au staff un certain nombre de déboires comme le fait d’être envahi par des joueurs qui ne veulent fournir aucun effort. Je ne parle pas de demander 50 lignes minimum ce que je trouve franchement excessif (et du coup élitiste), mais d’un minimum « raisonnable » (c’est quoi raisonnable… passons) qui permet, théoriquement, de garantir un minimum de matière. C’est peut-être idiot, parce que ça ne garantit en réalité rien du tout, mais pour avoir aussi joué sur les forums sans minimum, ben, c’est simple, je n’y joue plus. Pourquoi ? Parce qu’une partie des joueurs sur ces forums n’ont aucune envie de faire d’effort sur les relances et la qualité de leur écriture ce qui pour quelqu’un comme moi est vite lassant. Ils ont le droit de ne pas vouloir faire d’efforts, et ceux qui aiment écrire ont le droit de ne pas vouloir qu’ils viennent jouer sur leur forum, être admin est déjà assez compliqué, dur et prenant pour pas s’obliger à jouer avec des gens avec qui on a pas envie de jouer.

    PS : j’écris RPgiste, RPer, mais j’adore les coups de fouets ^^
    Note pour moi-même : faire ce fameux article sur la relance ! (sans m’énerver, promis)

  21. Solnorr Solnorr dit :

    pour « la quantité fait la qualité », on a un bel exemple avec GOT, même si pour ma part je n’aime pas du tout cette série, beaucoup l’apprécient et je trouve pour ma part que ça démontre bie nle côté « la quantité fait la qualité ». ou dans le genre aussi, les mangas qui peuvent être très longs (one piece, naruto etc)

  22. Avatar MaddynnXIX dit :

    @Sarcastic Roleplay Lady : Quand vous dites : <>, je me reconnais si bien dans vos paroles… Ben oui ! une porte, c’est une porte, et si je m’entêtais à la décrire, je rencontrerais trois obstacles : primo, le sens de l’observation, proche du néant chez moi, puisque je vois les choses plutôt que je ne les regarde (je vous laisse deviner comment je dessine) ; deuzio, l’imagination, car elle se nourrit de la patience, vertu dont j’ai vaguement entendu parler au cours de ma vie ; enfin, il me manque le vocabulaire spécifique aux descriptions.

    Bien entendu, je vous rejoins sur le côté facultatif de ces descriptions dans un RP. Certains pourront les regarder comme une plus-value véritable, mais concrètement, elles ne font pas toujours progresser la trame. Je vois plutôt ça comme une fioriture, et pour moi, celui qui en introduit dans ses RPG veut d’abord et surtout étaler au grand jour son savoir-écrire, dans une démarche un peu narcissique et difficile à admettre (ou alors, il le fait tout simplement parce qu’il aime ça, mais c’est oublier qu’il a un joueur en face, et que ce joueur doit le lire et lui répondre). Les partenaires qui réclament de longues et belles descriptions existent, mais ils doivent être rares. Parce qu’une fois qu’on a reçu la belle description, il faut y répondre, et là, on peut vite se décourager, laisser traîner le RP, et finir par l’abandonner.

    Bon, allez ! Je l’avoue : même si je n’ai pas forcément l’intention d’en glisser dans mes RPG, la description a de la valeur pour moi, et le simple fait de me savoir capable d’en faire une me rendrait heureuse. Mais ça, c’est sûrement parce que je caresse le rêve un peu fou de devenir un jour romancière (et dire que pour être une simple auteure bas de gamme qui tombera dans l’oubli après sa mort, il me faudrait déjà franchir au moins dix paliers… pauvre de moi !)

    Bref ! Pour répondre au sujet de l’article, eh bien, moi, je considère que la qualité est parfaitement dissociable de la quantité. Le RPG, c’est comme un jeu de ping-pong, et il faut se renvoyer la balle sans la faire tomber. Permettre à son partenaire de la renvoyer à son tour sans difficulté. Pour moi, ça devrait s’arrêter là. Transposé au domaine du RPG, le renvoi de la balle, c’est quand tu apportes une matière suffisante au partenaire pour qu’il te répondre avec un minimum d’efforts (et donc, qu’il s’amuse). Un nombre de lignes colossal est-il vraiment nécessaire pour atteindre ce but ? Pas persuadée…

    Évidemment, trois phrases ne suffiraient pas pour installer la matière dont je parle. Mais 10 lignes, 15 lignes, est-ce vraiment trop peu ? Surtout que les descriptions détaillées ne peuvent pas se faire à TOUS LES MESSAGES (même dans les meilleurs romans, on n’a pas une description de ouf à chaque page, loin de là), sauf si le décor change à chaque tour, ce qui est assez improbable. Partant de là, oui, je regrette fort que l’on veuille s’imposer à soi-même ou aux autres un nombre de lignes énorme ET constant (comme si on avait autant de choses à dire à chaque tour). Mais il y a une part d’ego qui entre en ligne de compte, et on ne va pas se le cacher. Faire plus court que son partenaire, c’est un déshonneur. Ça veut dire qu’on est moins « bon » que lui. Et là, on touche au visage du RP qui ne me plait pas : le concours de b****. Passez-moi l’expression. Mais c’est une réalité, et elle bloque beaucoup de joueurs.

    Au final, on devrait laisser entre eux les joueurs qui aiment à écrire de longs textes (et quand je dis longs, pour moi c’est au-delà de 30 lignes). Car vous l’aurez compris, je ne suis pas de ceux qui se forcent à toujours écrire plus quand je n’ai plus rien à dire. Le blabla et les périphrases, c’est bien, mais à petite dose.

    Tous les goûts sont dans la nature et je ne les juge pas (on pourrait le croire en lisant mon texte). Mais ce débat que vous avez enclenché a le mérite de souligner encore un peu plus l’importance du choix de son partenaire. Toujours bien s’assurer d’être sur la même longueur d’onde avant de commencer un RP…

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