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Marre de jouer les héros ? Sois un anti-héros.

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A travers les différentes sociétés, les valeurs évoluent ; ce qui peut-être normal pour certains est considéré comme barbare par d’autres. Autrefois dans l’antiquité, les jeux du cirque étaient très appréciés, aujourd’hui ils seraient décriés.

Le héros c’est la même chose, il se construit selon les valeurs de la société, il va remplir un certain nombre de critères jugés comme idéaux, par exemple les princesses Disney remplissent ces valeurs (la beauté, la grâce, etc.).

L’anti-héros au contraire ira à l’encontre de ces valeurs. Shrek est l’incarnation même de l’anti-héros. Il est un ogre, sans manières et utilise les contes de fées comme papier toilette. Un type charmant pour son espèce, pour nous beaucoup moins.

Movie Princesses from Shrek and Brave ©Ewen Roberts Flickr CC

Movie Princesses from Shrek and Brave ©Ewen Roberts Flickr CC

Un anti-héros nécessite une anti-définition

Le héros n’est pas uniquement le personnage centrale d’une oeuvre, c’est avant tout, un modèle pour le spectateur/lecteur. Par ses actes en autre, il sera une source d’inspiration.

L’anti-héros au contraire sera un personnage dont on ne cherche pas à s’inspirer. Ce sont vraiment les choix du personnage qui vont faire de lui un anti-héros ou bien un héros.

Par exemple, là où le héros fera preuve de bonté en donnant son pain au pauvre, l’anti-héros le mangera devant lui et ira peut-être même jusqu’à la narguer à ce sujet.

Si les défauts de caractère d’un personnage peuvent l’amener à être un anti-héros, les défauts physiques, quant à eux, peuvent aider à forger un tel personnage, mais ne suffisent pas à eux seuls. En effet, si le personnage de Docteur House (de la série Docteur House) est un anti-héros ce n’est pas sa jambe seule. Sa jambe a fait de lui quelqu’un d’aigre, méprisant et drogué, donc un anti-héros.

Pour conclure sur l’anti-définition de l’anti-héros, il faut garder en tête que ce personnage n’est pas forcément caricatural. Par exemple le personnage du mythe de Don Juan est un anti-héros par de nombreux aspects. Pourtant, il n’est en rien grossier, au contraire il y a une véritable noblesse chez cet homme.

Ce personnage, bien que marginal, est d’ailleurs de plus en plus présent dans la littérature ou bien le cinéma, renouvelant sans cesse le personnage de l’anti-héros qui n’aurait pas été possible si le personnage était limité à la caricature.

Comment créer et incarner un anti-héros ?

lego custom daryl dixon ©julianalvarez360 Flickr CC

lego custom daryl dixon ©julianalvarez360
Flickr CC

Comme vous l’avez probablement compris, l’anti-héros se crée en fonction de la société dans laquelle il évolue. Il est donc important de prendre en compte l’univers dans lequel va vivre votre personnage pour le créer.

Mais concrètement, comme concevoir votre anti-héros ? (Lisez aussi l’article sur Comment créer un personnage original ?) Voici quelques conseils qui pourront vous aider :

  • Faire le point sur la société dans laquelle votre personnage va évoluer. N’hésitez pas à jouer sur les mœurs et les coutumes. Par exemple dans une société de nains, les elfes seraient des anti-héros et le fait que votre personnage tresse les crinières des poneys serait une abomination.
  • Définissez les défauts qui vont caractériser votre personnage. N’allez pas jusqu’à l’accabler de toutes les tares du monde, concentrez vous sur quelques défauts et développez-les à la limite du caricatural tout en gardant une certaine subtilité.
  • Votre personnage a ses particularités ? Il est conseillé de les noter dans un document définissant votre personnage. En effet, au cours de l’écriture, il peut vous arriver de les oublier. Avoir ce document à portée de main peut donc être très utile.
  • Assurez-vous que les éléments choisis ne vont pas vous bloquer. Par exemple, faire une cancéreuse déprimée comme Hazel dans Nos étoiles contraires ça peut être intéressant  à jouer, par contre il faudra penser que votre personnage trimballe partout où il va une bouteille d’oxygène et la cohérence de l’écriture vous empêche de la faire disparaître un beau jour si vous en êtes las. Si vous vous lancez pour la première fois dans une personnage d’anti-héros prenez des caractéristiques qui peuvent disparaître d’une manière logique.
  • Renseignez-vous sur ces critères. Jouez le jeu jusqu’au bout et renseignez-vous. De plus cela pourra vous donner des idées de jeu !
  • Acceptez que votre personnage ne sera pas forcément aimé par les autres personnages. Si vous êtes de ces joueurs qui n’apprécient pas les liens négatifs, l’anti-héros risque de ne pas vous convenir. Il peut avoir des liens positifs, mais étant donné qu’il est construit dans l’idée d’aller à l’encontre de la société, il serait difficilement logique d’en faire un personnage populaire, aimé de tous.

Au fond de nous, nous sommes tous des anti-héros

Comme nous l’avons vu, l’anti-héros n’est pas forcément un psychopathe qui séquestre les chatons. Cependant, on peut s’y essayer sans pour autant enfermer son personnage dans ce statut.
Le personnage de Severus Rogue au début de la saga Harry Potter est l’anti-héros même, que ce soit d’un point de vue physique ou bien morale. Ce n’est qu’au fil de l’oeuvre que le lecteur est amené à découvrir ce qui se cache derrière ce personnage sombre et d’anti-héros, il devient héros. (Et sex-symbol.)

Snape And Mad-Eye Moody ©Bart Flickr CC

Snape And Mad-Eye Moody ©Bart Flickr CC

Que ce soit dans le ressort comique ou encore dramatique, l’anti-héros est un personnage qui marque l’esprit. On quitte enfin le héros idéalisé, considéré comme parfait et sans défaut.
On a un personnage plus humain, car ce qu’on retient ce sont ses défauts. Ce qui facilite le fait d’avoir de l’empathie pour ce personnage.
Certains personnages font d’ailleurs preuve d’une ironie grinçante pour ne pas avoir à subir cette empathie tel que Tyrion dans Le Trône de fer. Ils marquent alors l’esprit d’une autre manière.

Je pense que l’anti-héros est un personnage un peu plus difficile à jouer, en raison de garder en tête ces défauts – de devoir penser à les mettre en jeu – et surtout de réussir à créer un personnage dont l’évolution n’aboutira pas sur une impasse à cause de ces défauts justement.

Faire évoluer le caractère étant pour moi l’exercice d’écriture le plus difficile – mais plus le plus intéressant aussi – qui soit.

game-of-thrones-tyrion-lannister

Avez-vous déjà joué un anti-héros ?

Si oui racontez votre expérience dans les commentaires ! Et pensez-vous aussi qu’un même personnage peut-être à la fois un héros et un anti-héros ou bien au contraire qu’il ne peut changer ?

 
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Berenice

Berenice (6 articles)

Damoiselle Gaea ou plus simplement Gaea travaille au ministère, malheureusement pas celui de la magie. Rôliste depuis bien des années, elle administre actuellement un forum Harry Potter. Adepte de littératures fantasy, de roman et un peu de jeux vidéos. Site web : http://dragonteapot.harrypotterrpg.fr/

 
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9 réponses à “Marre de jouer les héros ? Sois un anti-héros.”

  1. Zoé Cyrinai dit :

    Personnellement, je n’ai presque joué que des antihéros dans tous mes RPs. Je trouve les héros un peu trop vu et revu, et surtout, fréquemment toujours les mêmes, tandis qu’il existe des milliers de versions d’antihéros (je viens de finir tout un TPE dessus…). Je trouve justement plus facile de jouer un antihéros, car il a en général une façon de voir très particulière, une vision du monde très personnelle, qui rend le RP’ plus intéressant. L’un de mes personnages est un sociopathe, et j’aime énormément le jouer car il est toujours à mi-chemin entre sarcasme, mépris et colère. De plus, j’aime également l’idée d’un personnage que toute la morale condamnerait, mais à qui, au fond, on ne pourrait pas s’empêcher de trouver des excuses. Un peu comme Heathcliff dans les Hauts de Hurlevent ou Rumplestilskin dans Once Upon A Time : ce sont des ordures, mais au fond, on les aime quand même…

  2. darkbaron darkbaron dit :

    À mon avis, il y a plusieurs types d’anti-héros :

    – Il y a celui qui n’a pas les qualités ni les caractéristiques d’un héros.

    Rincevent, dans le Disque-Monde, est un mage lâche et incompétent. C’est plutôt un bon gars (très lâche et plutôt égoïste, certes), mais c’est surtout un « gros naze » qui ne sait pas se servir de la magie et qu’il n’a donc de mage que le nom (qu’il orthographie mal, en plus).

    Tyrion pourrait être de ce genre : il n’a ni les qualités physiques ni la moralité irréprochable d’un héros, mais malgré ses tares et ses défauts, c’est un gars qui veut sincèrement bien faire. Malheureusement, il reste détesté par une bonne partie de sa famille et souffre de préjugés à cause de sa condition et des origines.

    Tout personnage désabusé sans être mauvais rentre dans cette catégorie ou dans la suivante.

    – le « vilain » ou personnage peu recommandable qui s’achète une conscience.

    Le personnage n’est pas forcément mauvais à la base. C’est peut-être juste un hors-la-loi égoïste avec un cœur d’or au fond, mais il assure sa rédemption en aidant le héros et effectue ainsi sa transition d’anti-héros à héros.

    On a le cas de Rogue, mais on peut aussi citer Han Solo, le contrebandier au grand cœur qui était prêt à laisser ses « amis » risquer leurs vies seuls avant de changer d’avis.

    Comme protagoniste, on a aussi Corwin d’Ambre, qui était apparemment une véritable enflure avant d’être rendu plus humble par certaines expériences. Il reste un gars pragmatique et manipulateur qui se fiche complètement de l’honneur en duel et frappera en traître. À côté, ça n’en est pas moins un héros et un saveur.

    J’en parle énormément, et ce n’est pas un hasard : ça reste mon type d’anti-héros préféré. J’aime bien le premier type aussi, mais moins.

    Il y a sans doute d’autres types ou genres, mais je ne vois pas.

    Par contre, à mes yeux, il y a une chose qu’un anti-héros n’est pas :

    Le « villain protagonist » : comme son nom l’indique, là, on joue le vilain. On est un vrai méchant, une enflure, un pourri… Pour rester poli. Avec peut-être des qualités qui rendent le personnage aimable, attachant et/ou charismatique, mais un « bad guy » quand même.

    L’exemple que j’aime bien, dans le genre (sans être un protagonist), c’est Kimblee de FullMetal Alchemist. Il tue des innocents et il aime ça… Mais il est très courtois, très charmant et surtout très propre sur lui.

    Il y a la possibilité d’une ambiguïté, voire d’une certaine complexité chez ce type de personnage (ils ne sont pas non plus 100% « evil »), mais contrairement à l’anti-héros, c’est très difficile de s’identifier à ce genre-là (ce qui n’empêche pas de les apprécier).

    Pour citer un autre exemple de FMA : Scar mène une croisade meurtrière et manque de tuer les protagonistes. Néanmoins, il est motivé par la vengeance (on a quand même massacré les siens) et se montre capable d’abandonner celle-ci pour faire le bien. Il fait des mauvaises choses, mais ce n’est pas un « vilain ».

    Kimblee est cool, mais je m’identifie difficilement à un meurtrier psychotique, alors que je peux comprendre la souffrance de Scar et avoir de l’empathie pour lui, ce qui le place dans les anti-héros.

    Un anti-héros reste fondamentalement un héros, de mon point de vue. Juste pas le genre de héros qu’on donne en exemple pour servir de modèle à la jeunesse…

  3. Eden Memories Eden Memories dit :

    Ah le anti-héros, mon préféré reste indéniablement le personnage du détective privé qu’on retrouve dans les films noirs mais aussi dans la littérature. Hercule Poirot est quand même narcissique, égocentrique, et physiquement pas du tout attrayant. Sinon l’anti héros badass à la Snake Plissken par exemple, assez canon de plus. Bref l’anti-héros est devenu je pense définitivement plus cool que le héros comme en témoigne le succès de Shrek ou le fait que les geeks soient considérés comme les modeux cool de notre époque!

  4. Bones Bones dit :

    Je rejoins Eden, l’anti-héros est définitivement plus cool que le héros, je trouve qu’il a davantage de saveur, parce que justement il n’est pas parfait et du coup, il est plus proche de nous, plus accessible et nous permet parfois de nous sentir un peu moins marginal. Personnellement je ne joue que des anti-héros, je me lasse trop vite du personnage typé « héros » j’en ai joué genre un au début de mon expérience rp et ça m’a suffit.
    Très bel article en tous cas, j’aime beaucoup les exemples que tu as choisis ils sont très parlant !

  5. darkbaron darkbaron dit :

    J’ai tout de même l’impression qu’on a une image excessivement lisse et donc plus ou moins caricaturale du héros. Un héros peut avoir des défauts. À partir de quand ces derniers le classent dans les anti-héros ?

    Prenons un exemple : c’est même le premier, le héros grec, tel qu’on le voit dans la mythologie ou chez Homère. Beaucoup de ces figures légendaires sont des héros tragiques avec de nombreux défauts.
    Ils sont géniaux, avec des capacités dignes de super-héros pour certains (ils en sont après tout les « ancêtres »), mais ils ne sont pas que ça, malgré leur côté modèle, en apparence.

    Achille, a priori, c’est un Marty Stu : grand guerrier valeureux, reconnu par ses pairs, beau, immortel, honorable… Pourtant, son orgueil a mené à la mort de son ami. Tout ça parce qu’il a boudé quand on lui a refusé une esclave comme prise de guerre !
    Pire encore, son arrogance va le pousser à désacraliser la dépouille d’Hector, meurtrier de son ami, en le traînant derrière son char plusieurs fois, poussant les dieux en colère à envoyer sa mère lui dire de restituer le corps du défunt à sa famille !
    Au final, par humanité, Achille rend la dépouille au père d’Hector, venu le supplier, mais pour un héros, c’est tout de même moyen…

    Bref, certains héros ne sont pas totalement bons, mais ils restent malgré tout des héros. Un héros n’est pas nécessairement un boyscout, à mon avis. Il a généralement un code moral assez strict (donc des vertus associées) et se situe du côté du « Bien », mais il peut lui arriver de s’écarter de ça parce qu’il n’est pas forcément parfait.

    Exemple : Batman. Il est dark, pas aussi sympa que Superman, mais il a un code strict. Il ne tue pas et n’utilise pas d’armes à feu. Il lui arrive de faire des choses « limite » sur le plan éthique parce qu’il pense que la fin justifie parfois les moyens, mais il reste dans l’ensemble fidèle à ses principes, droit et bon.

    Après, il est dur de forcément se mettre d’accord sur les termes : la littérature peut parler du héros positif (le bon héros classique), du héros négatif (le protagoniste dépourvu de valeurs morales), de l’anti-héros (généralement ordinaire et/ou pourvu de gros défauts), etc.
    On a aussi des variantes comme le « héros byronien » (« byronic hero », en anglais), un type de héros romantique et une figure plutôt négative (car misérable), comme Heathcliff chez Brontë.

    Et je m’emporte, désolé…

  6. Wex dit :

    Darkbaron > Je suis pas spécialement d’accord avec ton analyse. Tu prends l’exemple d’Achille. Perso’, je pense que tu pourrais même prendre celui d’Héraclès, qui est censé avoir fait moultes exploits mais à, entre autres, tué ses enfant dans un accès frénétique. Le fait est que la culture grecque ne considérait pas cela comme forcément immoral. Un peu quand même, et certains penseurs comme Platon ont condamné cela. Mais le meurtre, le viol et le pillage faisaient partie des pratiques de guerre dans la culture grecque et étaient tout simplement considérés comme un comportement légitime.

    Donc tu fais, à mon sens, un anachronisme ; ce qui rebondit sur l’article de Bérénice – sympathique, soit dit en passant. Pour moi, l’antihéros est surtout un personnage nécessairement charismatique, qui est à contre courant des normes morales contemporaines et qui offre justement un questionnement sur ce que représente un héros à notre époque.

    Actuellement, on peut trouver des antihéros qui sont en réalité des héros trop zélés. Je pourrai prendre l’exemple du jeu Spec Ops : The Line – auquel je n’ai pas joué mais dont on m’a beaucoup parlé – où le personnage croit faire le bien façon america (fuck yeah) et se rend compte que ses actions provoquent des dommages collatéraux terribles. Tout ça parce que le héros classique hollywoodien est de plus en plus remis en question et progressivement abandonné au profit de personnages plus nuancés.

    Perso’, j’adore jouer des antihéros. Mais des vrais. Je parle pas des Han Solo et compagnie. Pour moi, l’antihéros est avant tout Le personnage auquel le joueur ne pourra jamais adhérer même s’il l’aime bien. J’ai fais des psychopathes qui étaient, certes sympathiques et qui avaient un style qui plaisait, mais qui étaient fondamentalement mauvais. En ce sens, le Joker est un très bon exemple.

    Le personnage sur lequel je suis actuellement est juste un type complètement con, un peu sans foi ni loi, mais aussi charismatique, et c’est magnifique à jouer ! Franchement, il faut avoir joué un personnage con au moins une fois dans sa vie pour comprendre réellement ce que c’est que s’éclater en RP. Au final, je dirais que les antihéros se divisent en deux catégories : ceux qui repoussent pour leur côté immoral (à différent degrés) et ceux qui repoussent pour leur côté pas glamour du tout.

  7. darkbaron darkbaron dit :

    Je trouve ton message un peu excessif et caricatural à l’égard des pauvres Grecs, qui passent pour des barbares. Les pauvres, ils n’en méritent pas tant… 😛

    Héraclès a tué ses enfants dans un accès de rage, oui… Mais on ne peut aucunement l’en tenir responsable, et pour cause : c’était une folie passagère provoquée par Héra, la terrible femme de Zeus, qu’il a toujours regrettée.
    Et le plus fort : au lieu d’en vouloir à mort à Héra, il a tout fait pour se réconcilier avec elle, allant même jusqu’à changer son nom original en Héraclès, « la gloire d’Héra » afin de l’apaiser.
    Cela dit, Héraclès commet aussi des actes terribles de son plein gré. En général, il est condamné parce que tous les mauvais actions entraînent souvent des conséquences négatives pour les héros (Œdipe…).

    De même, il y a des choses qui sont indéniablement différentes de notre époque et ne sauraient être jugées avec la morale d’aujourd’hui, comme le caractère guerrier d’Achille ou le fait d’avoir des esclaves sexuelles (Briséis).
    Néanmoins, quand Achille manque de respect au corps d’Hector, c’est mal selon la morale de l’époque, et même les dieux s’en indignent dans l’Iliade. On ne badinait pas avec le respect des morts en Grèce.

    Les héros grecs étaient certes des modèles de vertu et d’honneur (surtout des vertus guerrières, comme le courage ou l’acceptation de sa mort, dans le cas d’Achille). Néanmoins, comme les dieux, ils étaient des surhommes, et avec les qualités surhumaines et supérieures au commun des mortels venaient aussi des défauts excessifs.

    Cela dit, pour clore cette parenthèse, j’adorerais lire les RP de tes antihéros, voire de vos antihéros, parce que je parle un peu de tout le monde. J’en ai fait assez peu de mon côté, donc… Cela dit, je pense qu’on peut s’éclater sans en jouer quand même.

  8. […] Vous vous dites : je veux créer un personnage, super, quels sont ses défauts ? Et je vous assure que ça fait la différence ! Est-ce qu’il va être orgueilleux, méchant, va-t-il avoir peur, est-il le plus gros froussard de la terre tout simplement ? Et pour les tics, c’est la même chose ! Votre personnage se touche-t-il les cheveux sans arrêt ? Dit-il pardon dans toutes ses phrases parce qu’il passe son temps à s’excuser ? Se tripote-t-il sans cesse les doigts ? Est-ce qu’il utilise le mot « fanfreluche » plus que quatre-vingts pour cent des gens ou est-ce qu’il utilise une expression désuète ? Est-ce qu’il rigole n’importe comment ? Est-ce qu’il crache toujours parterre ? Bref, ses tics, ses obsessions aussi, allez y à fond, ses peurs, en sommes tout ce qui semble négatif avant tout. […]

  9. Sim Kaali dit :

    En lisant vos commentaires, j’ai l’impression qu’il y a pas mal de confusion. Je n’ai pas la vérité absolue sur le sujet, mais je ne suis pas d’accord avec Eden ou Wex. En fait, je rejoins beaucoup Darkbaron.

    Le anti-héros est devenu une mode qu’on met à toutes les sauces dès lors qu’un héros a de grosses faiblesses. Or, il ne faut pas perdre de vue que c’est le principe même du héros d’en avoir : le but d’un personnage héroïque, au fil du récit, est de parvenir à ses fins malgré ses difficultés, malgré ses défauts. C’est un peu le même principe que le fameux « Il n’y a pas de courage sans peur » ; on pourrait dire qu’il n’y a pas de héros sans défauts. D’ailleurs, l’écart de conduite est également un passage quasi-systématique du héros durant son cycle d’apprentissage. A différentes doses, cela peut aller du simple doute au meurtre, cela est fait pour faire douter justement de sa nature de héros et lui donner une forme d’humanité, n’empêche qu’il reste un héros.

    Je disais ne pas être d’accord avec Eden parce que à mon sens, Hercules Poirot n’a rien, mais alors rien, de l’anti-héros. Il est même une grosse figure héroïque : il est prétentieux et mégalo certes, mais ca ne fait pas de lui un anti-héros : il sert la justice, démasque toujours le coupable ou presque, est hyper intelligent, malin, courtoi etc. Les personnages de la mythologie n’étaient-ils par prétentieux, eux aussi ? Etre physiquement « pas canon » n’est pas non plus suffisant pour en faire un anti-héros s’il n’est pas rejeté par l’ensemble de la société (ce n’est pas le cas de Hercules Poirot, ça se discute déjà beaucoup plus pour Shrek).

    Ensuite, pour réagir au commentaire de Wex, le Joker n’est pas un anti-héros non plus, c’est un antagoniste, ce qui n’est pas la même chose ! Un antagoniste est un personnage qui s’oppose au héros par le même désir (par exemple Batman et Joker c’est instaurer leur ordre sur Gotham), qui a des motivations propres et qui suscite l’admiration, le respect, pour qui l’on peut même éprouver, parfois, une forme de compréhension. Or, tous les antagonistes ne sont pas des anti-héros, d’ailleurs il est assez compliqué d’être ET antagoniste ET anti-héros (j’en cherche un exemple là comme ça, je ne trouve pas). L’anti-héros, c’est vraiment le personnage qui a « loupé le coche héroique », qui ne cherche pas à s’améliorer, qui ne prend pas le cycle, qui s’en fou et surtout qui, comme l’a souligné quelqu’un, est inadapté à la société mais parvient tout de même à un moment donné à permettre la fin de l’histoire.

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