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Fanfiction et jdr : pourquoi utiliser l’univers d’un autre ?

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Lorsqu’on m’a commandé cet article, je me suis longtemps demandé par quel bout le prendre. Un article sur les fanfictions – ces histoires écrites par et pour des fans – , j’en avais déjà rédigé un sur Les Chutes de Rozan. Et le sujet du transmédia a déjà été abordé par Sim. Y a-t-il plus de choses à en dire ? Oui. Mais sous quel angle ? La fanfiction n’est pas du jeu de rôle et le jeu de rôle n’est pas un exercice littéraire. Finalement, c’est en revenant aux sources que j’ai eu ma réponse : lorsque la fanfiction et le jeu de rôle se croisent, c’est d’abord et avant tout par réappropriation d’un univers existant (le canon).

©Flickr - Michael Shaheen

©Flickr – Michael Shaheen

S’investir dans l’univers d’un autre

Reprendre un mythe n’est pas exactement un phénomène récent. Virgile a écrit l’Enéide en se basant sur l’Iliade et l’Odyssée d’Homère. Shakespeare a basé Roméo et Juliette sur un vieux conte italien. Bram Stroker s’est appuyé sur différentes superstitions et la popularité du thème du vampire pour son Dracula. En fait, tout comme la science s’appuie sur les découvertes précédentes pour avancer, l’art s’appuie sur ce qui s’est fait avant pour évoluer. Parfois, les sources d’inspiration sont ouvertement annoncées et c’est ainsi qu’on en arrive aux œuvres transformatives : des œuvres dérivées d’une autre ou se basant sur la vie d’une personne réelle.

Il ne s’agit pas de créer quelque chose de complètement nouveau : plutôt de prolonger une expérience, de rester dans un monde qu’on a appris à aimer, de fréquenter des personnages auxquels on s’est attaché. J’insisterai sur l’idée de prolonger l’expérience, car c’est vraiment ce qui prime ici. Votre film préféré, vous l’avez peut-être revu 10 fois, mais pouvoir étendre l’univers vous-même lui donne tout de suite une autre envergure.

En termes de fanfictions comme en termes de jeu de rôle, il y a cette idée de donner corps aux émotions ressenties face au livre, au film, à la série qui a suscité cette passion. De pouvoir refaçonner l’univers, parfois beaucoup et d’autres fois non, pour y inclure une autre vision que celle présentée par l’auteur. D’être acteur.

Malgré tout je l’ai dit : le jeu de rôle textuel n’est pas un exercice littéraire. Du tout. Il ne l’est pas plus que ne le serait une discussion avec votre voisine : utiliser des mots n’en fait pas de l’art. Alors pourquoi continuer l’analogie avec la fanfiction ? Tout simplement parce que l’un et l’autre ont des points communs, particulièrement dans le cas des adaptations.

Faire de cet univers canon le sien

Soyons clairs : une adaptation est un choix, celui de montrer l’univers sous un nouvel angle. Malgré tout l’amour que l’on peut avoir pour un monde dans lequel on a envie de se replonger, ce n’est pas pour y retrouver à l’identique ce qui a été fait par l’auteur. L’idée, aussi bien avec la fanfiction que le jeu de rôle, est d’expérimenter quelque chose de nouveau tout en retrouvant les paramètres du matériel initial : l’univers, les personnages et les thèmes développés.

Et c’est ce qui rend les adaptations si intéressantes : les contraintes de la reprise, la liberté du choix. Ne pas réclamer le canon comme sien, mais le montrer sous un nouveau jour. Apporter sa vision, sa pierre à l’édifice pour l’enrichir et se divertir. Inventer tout en respectant des limites parfois difficiles à établir. Combler les trous scénaristiques, extrapoler, utiliser les non-dits et leur trouver, parfois, une explication.

Adapter, c’est faire un choix parce qu’on ne peut ni tout dire, ni tout montrer. Parce qu’une histoire – scénario de fanfiction ou de partie de jeu de rôle – doit garder une forme de cohérence pour avancer. Le résultat est parfois extraordinairement bon, d’autres fois abyssal. J’estime néanmoins qu’il n’y a pas à rougir d’avoir essayé. Maintenir l’équilibre entre le respect de l’univers, des personnages et des thèmes n’est pas facile, ni en fanfic, ni en jeu de rôle.

En somme…

©Flickr - Kayla Kandzorra

©Flickr – Kayla Kandzorra

Fanfictions et jeux de rôle adaptés sont deux pans du monde de la fiction comme de celui des fans. Rapprocher ces deux facettes, surtout avec le jeu de rôle textuel, m’a paru intéressant pour aborder la question des adaptations, moins pour proposer un guide que pour parler de ce qu’elles représentent : un plaisir légitime.

Je le disais plus haut : la reprise d’un univers vient de l’envie d’interagir avec. C’est une envie naturelle et puissante, qui a apporté au monde une richesse culturelle indéniable et une éternelle réinvention des mythes. A plus petite échelle, c’est ce qui se passe au cœur des fandoms comme dans le jeu de rôle : réinventer, sortir de soi tout ce qu’on a envie d’ajouter, de développer sur un univers qui nous passionne et, plus important, partager cet enthousiasme avec d’autres.

Se réapproprier un univers, c’est pouvoir passer du côté obscur de la Force, découvrir de nouvelles planètes en traversant la porte des étoiles, boire une bièraubeurre dans une salle oubliée de Poudlard ou rencontrer le Prince Charmant à Storybrooke… Et je ne sais pas pour vous, mais ça a plus d’attrait qu’un onzième visionnage de mon film préféré.

 
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Skaär (2 articles)

Amateur du RP le plus court possible, peu friand du rapprochement entre RP textuel et littérature, je suis un grand râleur et je le vis bien. Voilà déjà quelques années que j'écris sur le jdr via mon blog Les Chutes de Rozan où je positive plus que ce que le début de cette description laisse croire. En-dehors de ça, je suis un fervent défenseur des fanfictions et de Saint Seiya ! Site web : https://chutesderozan.wordpress.com/

 
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8 réponses à “Fanfiction et jdr : pourquoi utiliser l’univers d’un autre ?”

  1. Avatar Wex dit :

    Bon article qui propose plusieurs réflexions et angles d’approche de la fanficiton. J’ai toujours un point de vue ambivalent par rapport à cette catégorie. Je déteste ça, mais, au fond, tout le monde a déjà été suffisamment subjugué par un univers pour vouloir s’y épancher.

    De fait, la fanfiction – malgré tout le mépris que j’éprouve pour elle – est l’essence même du jeu de rôle. Car un jeu de rôle, c’est avant tout jouer à être quelqu’un d’autre ; et comme on a tous été enfants, jouer à être un autre, c’est avant tout jouer ce qu’on aimerait être. La projection d’un moi fantasmé et son incarnation dans un univers au moins semi-maîtrisé est le vecteur d’intérêt de tout JdR.

    On dit que l’univers fait tout l’attrait de la fiction vers la fanfiction, et je ne suis pas tout à fait d’accord. L’unité fondamentale de tout JdR, c’est le personnage, car en l’incarnant, le joueur va pouvoir s’illustrer socialement ; l’univers est un bac à sable, un ensemble de formes auxquelles les joueurs vont apporter des couleurs. Chacun connaît cette sensation lorsqu’il regarde – pour la première ou la seconde fois – un film/lit un livre/etc. :  » Moi j’aurais plutôt fait comme ça.  »

    Incarner un personnage dans un univers déjà connu, c’est juste s’inscrire dans un consensus où les joueurs sont positivement en accord sur un point qui est leur amour pour une oeuvre de l’imagination. Contrairement à un JdR original, les joueurs ont déjà une certaine connaissance de l’univers lorsqu’ils s’inscrivent, et s’acceptent plus facilement mutuellement. Tout du moins avant les diverses complications que leur manque de maturité implique.

    C’est d’ailleurs pour cette raison que je déteste la fanfiction. Je trouve ça assez racoleur ; ça touche les plus bas instincts du rôliste. Tout l’argumentaire autour de la réappropriation d’un univers – en dépit du fait qu’il s’agisse d’une véritable problématique d’un stricte point de vue littéraire – est selon moi une apologie ad hoc assez peu sincère. L’honnête dirait :  » Moi j’ai envie d’être le type trop cool dans tel film/j’ai envie d’être la bonnasse dans telle série ; pour que d’autres personnages me kiffent  » Tout ce qu’on brode autour, c’est surfait.

    Bref, grand débat. Je serais bien intéressé d’avoir l’opinion de vétérans de la fanfiction.

  2. Avatar cyrinai-rpg dit :

    @ Wex
    Coucou ! :3 Je voudrais juste rebondir sur ton commentaire.
    Je fais partie de ces rôlistes qui créent des personnages à partir de livres/films/séries déjà existantes. j’ai également des personnages qui ne sont inspirés de rien du tout, évidemment, mais je trouve qu’avoir un personnage lié à un univers déjà connu des autres donne une dimension parfois plus profonde. Je m’explique :
    Je comprends tout à fait ce qui te déplaît dans la fanfiction. ça m’arrive également souvent, en tombant sur certains fictions, d’avoir des envies de meurtres, parce que le scénario se limite à « la fille qui fit changer le badboy de l’histoire », ou un truc du genre, ou encore « le personnage trop badass qu’a sauvé la vie de tout le monde ». Mais je pense qu’on n’est pas obligé d’avoir ce genre d’histoire.
    Je ne pense pas qu’en créant un personnage dans un univers existant déjà, on veuille juste être « la bonnasse dans telle série » ou l’équivalent en mec, je pense que ça va plus loin. Est-ce que tu as déjà connu un livre/film qui t’a tellement marqué que ça t’a changé à vie ? Moi j’en ai eu plusieurs, et c’est en grande partie ça qui m’a donné envie de jouer des personnages soit déjà existants dans ces univers, soit des personnages inventés mais dans le même concept. Je pense par exemple à FullMetal Alchemit, Fruit Basket, le Seigneur des Anneaux… Je pense qu’il y a des univers qui nous marquent vraiment, et qu’on peut avoir envie de partager autour du RPG.
    Quant aux personnages qu’on invente dans ce genre de contexte, pour moi, c’est surtout dû à la frustration devant certaines scènes. Le « Si le héros avait juste dis ça à ce moment-là, machin serait pas mort ! ». Parce qu’en tant que spectateur, nous on sait tout et non pas uniquement ce que les personnages disent à tel moment, et qu’on peut avoir envie de changer ça.
    C’est tout bête, mais je ne pense pas que ce soit méprisable à ce point… Enfin, à toi de voir 🙂

  3. darkbaron darkbaron dit :

    Cool, un article de Skaär ici (non pas Scar du Roi Lion ou de FMA, Skaär des Chutes de Rozan !) ! Ravi d’en lire un ici… 🙂

    Personnellement, je ne suis ni un grand amateur ni un grand lecteur de fanfictions. J’en ai lu un peu par le passé, notamment sur Saint Seiya, mais ça s’arrête là. Ce n’est pas mon délire et j’ai toujours peur de ne pas rendre honneur à l’œuvre originale. Loin de moi l’idée de critiquer la qualité d’écriture de l’ensemble des fanfics… Il y en a des bien écrites, je n’en doute pas.

    En JDR, quand je suis joueur, je fais aussi bien de l' »original » que de la fanfiction. « Original » est entre guillemets car conformément au meme « Original Character, do not steal », l’originalité est un terme qu’on aime bien galvauder pour éviter le déshonneur de jouer une fanfiction et se donner un genre, alors que l’originalité de notre personnage est très relative…

    Enfin, je suis mauvaise langue, mais il y a clairement une autre raison de jouer « original » : au moins, personne ne nous accusera de massacrer le caractère du personnage ou de mal l’interpréter. Des fois, il suffit de juste poster une fiche ou même rien pour que l’on soit considéré comme indigne…

    Bref, faire de la fanfiction, ce n’est pas mal en soi, mais c’est définitivement trop éprouvant pour mon petit cœur trop susceptible ! 🙂

  4. Avatar Skaär dit :

    @Wex
    Pour être honnête, je peine à comprendre le sens global de ton commentaire. D’un côté tu avances que la fanfiction est l’essence même du jeu de rôle, de l’autre tu désapprouves vertement les adeptes de fanfiction tout en défendant le jeu de rôle…

    Cela dit, pour revenir sur ton affirmation « De fait, la fanfiction – malgré tout le mépris que j’éprouve pour elle – est l’essence même du jeu de rôle », je ne suis absolument pas d’accord. Une fanfiction est une histoire finie (début/milieu/fin) écrite par un ou plusieurs auteurs qui ont toutes les clés en mains, des décors au scénario en passant par l’écriture elle-même. Le jeu de rôle, même si tu écris dans l’univers créé par un autre, ne te permet pas d’avoir tous ces paramètres à ta charge. C’est le concept de base : tu joues ton personnage (et c’est tout, normalement) en compagnie d’autres joueurs. Le scénario, les décors, ce n’est pas supposé être de ton ressort.

    Pour ce qui est de la fin de ton commentaire, je te trouve excessivement réducteur. Pour quelques personnes qui vont vouloir jouer LE personnage qui les fait fantasmer, tu as l’immense majorité qui ont leur propre personnage dans un univers qui les fascine ou en joue certains sur lesquels personne ne fantasmerait vraiment (Ombrage *koffkoff*). Ce qui d’ailleurs est nettement plus amusant à mes yeux.

    @cyrinai-rpg
    Pour le coup je partage assez ton avis, mais je pense qu’avec ma réponse à Wex, c’est assez évident x)

    @Darkbaron
    Content de te retrouver dans les commentaires !
    Mais tu pointes du doigt quelque chose qui est très intéressant, à savoir l’aspect vraiment ardu de la fanfiction qu’est le respect des personnages comme de l’univers. Malgré une certaine souplesse vis-à-vis de la qualité des fanfics, les lecteurs sont généralement exigeants sur ça. D’un autre côté, ça reste quelque chose d’intéressant à expérimenter si on n’a pas trop peur de se rater.

    Merci à vous trois pour votre participation en tout cas =D

  5. @Wex : Moi qui ait un gros problème avec les fanfictions en général, j’aurais pu être d’accord avec toi, sur le fond. Mais voilà. Si on fait abstraction des torchons qui sont aussi fréquents dans le monde de la fanfiction que du RP, adapté ou non, il existe des fanfictions qui valent le détour.

    Mais avant de développer sur la question, je dois réagir sur cette idée que jouer un personnage tiré d’une oeuvre existante serait « toucher les plus bas instincts du rôliste ». Là, tu parles de cette frange d’écrivains amateurs qui trouve sont exact équivalent en jeu de rôle chez les interprètes de mary sue, gary stu, gros bills et autres personnages surpuissants, trop mystérieux, trop charismatiques, trop sexy. Qu’un personnage soit original ou non, le résultat est le même : celui qui l’écrit ou l’interprète en fera soit un gros fantasme sur pattes, soit un personnage avec un minimum de profondeur.

    Comme tu l’auras potentiellement lu si tu es curieux, Skaär avait fait remarquer dans un article précédent sur son blog que la fanfiction avait donné naissance à des oeuvres littéraires de réelle qualité (et on ne parle pas de cette saleté de Fifty Shades, bien sûr). Bref, ton histoire de « manque de sincérité » ou  » racolage » me semble un poil exagérée, et c’est un euphémisme.

    Oui, donc, fanfictions qui valent le détour. A la base, je n’aime pas ça, pour la simple (et excellente) raison que je n’aime pas qu’un personnage soit détourné de l’histoire originale, modifié, mal adapté, et surtout mis en couple totalement imprévu à la base. En gros, il y a là une difficulté à tolérer le manque de talent des uns, et les libertés des autres.

    Pourtant, cette intolérance a quand même quelques failles parce que j’ai au moins deux exemples à citer sur l’univers dont je suis la plus blasée après toutes ces années : Harry Potter.

    Le Quiddich a Oualpé, une fanfic humoristique traduite de l’anglais par Moldunet, où un pari stupide se finit en un gros et joyeux bordel qui m’avait beaucoup fait rire. Je pense que ce qui m’a conquise vient des conversations par… email, des différents protagonistes.

    Harry Potter et les méthodes de la rationalité : Une fanfiction traduite de l’anglais (décidément) du genre « univers alternatif » partant plus ou moins du postulat « et si Harry avait été un scientifique sceptique ». C’est drôle, mais également très intéressant, et instructif. Un poil compliqué, également.

    Bref, ils ont bon dos les fantasmes. Toutes les fanfics pourries du monde ne justifient pas de se permettre ce mépris à peine dissimulé vis à vis des aficionados du genre : il y a d’excellentes fanfics, qui n’ont pas été écrites pour le plaisir de jouer une bombasse, mais plutôt pour le plaisir de divertir, ou de s’offrir un véritable challenge.

    Personnellement, les rares fois où je m’y suis risquée, j’étais perpétuellement obsédée par mon besoin de rester cohérente vis à vis de l’univers, et c’est cette complexité sous-jacente tant de l’interprétation d’un personnage existant que du jeu dans un univers connu qui fait que je ne peux vraiment pas me mettre ni à la fanfiction, ni aux RPG adaptés.

    Voilà voilà. Je réponds principalement à Wex parce que Skaär a déjà eu mon avis sur l’article :p

  6. Avatar Wex dit :

    Alors je vais peut-être préciser un peu mon avis. Parce que oui, comme vous le soupçonnez tous plus ou moins ouvertement, mon commentaire était composé à part égales d’une moitié de mauvaise foi, d’une moité de fiel bien gratuit, et d’une autre moitié de re-mauvaise foi par dessus. Je n’en n’ai pas honte, je crois fermement en la puissance dialogique du troll et je suis content d’avoir lu vos avis contraires.

    Déjà, que ce soi dit avant tout, je n’entendais pas par fanfictions les productions littéraires finies écrites par une seule personne (une histoire, grosso merdo), mais bien le RP fanfiction. En règle générale, je dirai qu’on ne peux jamais être d’accord avec une oeuvre et que, lorsqu’il s’agit d’une histoire créée par une personne, il s’agit soit de réarranger l’histoire comme elle on aurait voulu qu’elle fût – par réparation des frustrations occasionnées – soit d’exprimée une idée qu’on aurait à tout prix voulu voir développée.

    Par contre, lorsqu’il s’agit de RP, et ce en dépit du fait qu’il y a effectivement des joueurs tout à faits décents dans cet exercice, il s’agit majoritairement d’une pratique qui vise bas, c’est à dire en plein dans l’ego du joueur. Car incarner un personnage disposant déjà d’une certaine notoriété – de part une production célèbre (ou moins) – c’est avant tout se projeter virtuellement dans ce qui fait son sociale (même lorsqu’il s’agit d’un personnage de type looser, car aucun personnage de fanfic’ ne se doit de manquer de glamour). J’en veux pour preuve, cette folie furieuse que sont bien souvent les configurations amoureuses, qui sont la marque évidente d’un transfère vers un personnage : ainsi, mettre son personnage en couple avec un autre (généralement un autre avatar, et non un autre personnage), c’est se mettre en couple soi-même, mais par procuration. La seule motivation qui me pousserait à m’inscrire dans ce genre de forum, ça serait de jouer un putain d’elephant man.

    Alors, certes, mon argument consiste à dire que les rôlistes sont pour la plupart de vils animaux incapables de la moindre foutue parcelle de sublimation. Mais comme je vois l’humanité toute entière selon ce point de vue (qui n’engage que moi), il n’y a rien de discriminatoire envers les rôlistes. Donc quand je dis que le RP fanfiction vise les plus bas instincts du rôliste, je veux dire, non pas qu’il s’agit d’une campagne de communication putassière et parfaitement consciente de sa perfidie, mais qu’il s’agit d’un procédé qui met en jeu les mécanismes psychologiques les plus primitifs de l’animal grégaire qui sommeillent en nous.

    D’ailleurs, ces mécanismes sont, admettons le, présents également dans le RP non fanfic’. Mais dans le monde du RP fanfiction, ils sont tellement évidents, tellement faramineux (sans qu’aucun des joueurs ne s’en rende compte, ce qui est hallucinant), que j’en suis venu à songer qu’il devait vraiment y avoir là un raccourcis radical vers l’ego du joueur pour que le résultat soit si peu nuancé. Le seul type d’univers qui arrive à la hauteur du RP fanfic’ (exceptés quelques uns, là encore), c’est l’OC. Mais ceci est une autre histoire, dont je ne peux pas parler sans me fendre la gueule…

    Voilà donc pour mon apologie qui n’en est absolument pas une. Il m’est même déjà arrivé de lire quelques fanfic’ – qui ne m’ont cependant pas laissé un grand souvenir – que j’avais trouvées tout à fait décentes. Donc là, on est bien d’accord que je parle du gros stéréotype bien sauvage du RP fanfic’, et que je me permets d’en parler comme d’un fait car, contrairement à de nombreux autres stéréotypes comme le grosbill qui sont plutôt des abstraction ou des anecdotes, le RP fanfic’ tel que je le méprise est une réalité ultra représentée : allez sur un topsite, au hasard ; il n’y a qu’à se baisser.

    Sur ce, ravis d’avoir pu échanger avec vous, j’espère que vous ne prenez pas à mal mes commentaires peut-être parfois trop cyniques, j’aime beaucoup ce que vous faites ; continuez comme ça. n__n

  7. darkbaron darkbaron dit :

    Pour moi, un personnage original n’en est pas moins fantasmé qu’un personnage de fanfiction. Je pense d’ailleurs l’inverse car le joueur d’un personnage original n’est pas retenu par le « devoir » (tacite) d’être fidèle à un personnage créé par d’autres comme peut l’être celui d’un personnage de fanfiction. Il peut donc théoriquement donner libre cours à ses « bas instincts ». L’amour d’un joueur pour son personnage « chouchou » n’est pas moindre si c’est sa création personnelle. Au contraire…

    Personnellement, j’ai déjà joué des personnages « fanfiction » sans être un ultra-méga-fan d’eux, juste parce que leur concept me plaisait et que je préfère prendre l’original plutôt qu’une une pâle copie inventée pour le remplacer. Le plagiat, c’est pire que tout… Des tas de gens ont trouvé que le personnage était fun et ont pris du plaisir, ce qui permet de le faire connaître en plus.

    Bien sûr, les soi-disant fanboys haineux et aigris cracheront sur vous et prétendront que vous êtes les haineux indignes d’interpréter de si grands personnages si vous osez vous défendre, mais « haters gonna hate », comme on dit. L’important, c’est de s’amuser !

    Après, il y a des œuvres que je ne m’imagine pas toucher, mais mes tabous sont personnels. Si un joueur veut incarner un personnage de Tolkien, je ne vais pas lui rentrer dans le lard pour lui expliquer en quoi il ne devrait pas alors qu’il a le droit de le faire sur le forum ! C’est se mêler de ce qui ne nous regarde pas… Je ne comprends pas les joueurs qui expriment ce genre d’opinion désagréable vis à vis d’un personnage issu d’une telle œuvre. C’est irrespectueux pour le joueur et son travail.

  8. Avatar Wex dit :

    Darkbaron > Je vois ce que tu veux dire, et à bien y réfléchir, je suis d’accord.

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Le monde de Charlie, Stephen Chbosky